Introduction à la thérapie IFS

L’IFS, ou Internal Family Systems, est une approche thérapeutique qui propose de regarder notre monde intérieur comme un système composé de différentes “parts” de nous.

Parfois, une part veut avancer, une autre veut éviter, une autre critique, contrôle, protège, s’épuise ou réagit fortement. En IFS, ces parts ne sont pas vues comme des ennemies, ni comme des signes de “folie”. On part plutôt de l’idée qu’elles ont toutes une intention protectrice, même lorsque leur manière d’agir devient coûteuse ou douloureuse.

Une part très critique peut, par exemple, chercher à éviter l’échec ou le rejet. Une part qui se coupe des émotions peut essayer d’empêcher une surcharge. Une part impulsive peut tenter de faire baisser une tension devenue trop intense.

L’objectif n’est donc pas de supprimer ces parts, mais d’apprendre à les écouter autrement : avec curiosité, respect et compassion. Petit à petit, cela permet de comprendre ce qu’elles protègent, ce qu’elles craignent, et ce dont elles auraient besoin pour ne plus devoir fonctionner de façon aussi extrême.

L’IFS parle aussi du “Self”, que l’on peut comprendre comme un espace intérieur plus calme, plus stable, capable d’observer ce qui se passe en nous sans jugement. Le travail thérapeutique consiste à créer suffisamment d’espace entre “moi” et mes réactions internes, pour ne plus être totalement envahi par elles.

En séance, nous pouvons utiliser l’IFS pour repérer ces différentes parts, comprendre leur rôle, diminuer la lutte intérieure et retrouver une relation plus apaisée avec soi-même.

Il ne s’agit pas de se forcer à changer, mais de mieux comprendre ce qui se passe à l’intérieur, afin de réduire le coût interne et de retrouver plus de sécurité, de clarté et de liberté.

Pourquoi l’IFS peut être adapté aux personnes neurodivergentes ?

L’IFS peut être particulièrement intéressant pour les personnes neurodivergentes, notamment parce qu’il ne cherche pas à corriger ou normaliser un fonctionnement. Il propose plutôt d’entrer en relation avec le système intérieur tel qu’il est.

Beaucoup de personnes neurodivergentes ont grandi dans des environnements peu adaptés à leur manière de percevoir, de penser, de ressentir ou de communiquer. Certaines parts se sont alors construites pour protéger : anticiper, contrôler, masquer, éviter, se couper, sur-analyser, plaire, s’agiter, exploser ou s’effondrer.

En IFS, ces réactions ne sont pas vues comme des défauts à supprimer, mais comme des stratégies qui ont essayé d’aider, parfois depuis longtemps, souvent au prix d’un grand épuisement.

Cette approche peut aussi être utile lorsque les émotions sont difficiles à identifier ou à verbaliser. Il n’est pas nécessaire de savoir tout de suite “quelle émotion” est là. On peut simplement commencer par repérer qu’“une part de moi” réagit, se protège, a peur, évite ou porte quelque chose.

L’IFS permet ainsi de créer une distance plus sécurisante avec le vécu interne, sans entrer de force dans l’émotion. Il offre une forme de cartographie intérieure claire, progressive et adaptable au rythme de la personne.

Le but n’est pas de rendre la personne “moins autiste”, “moins TDAH” ou plus conforme à une norme. Le but est de réduire la lutte intérieure, de mieux comprendre les protections en place, et de construire une cohabitation plus douce avec soi-même.

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